Sunday, February 5, 2012

Démocratie et gouvernance

L'idée de base provient de mon journal intime, octobre 2008.

Je ne me suis jamais sentie très concernée par la politique. Toutefois, la situation a changé au cours des dernières années. Primo, j'ai vieilli. Deuzio, Harper est au pouvoir. :-( Tertio, je vis dans une démocratie et, à mon avis, ce mode d'autogouvernance partielle n'a de sens que si les éléments qui constituent "l'auto" y participent. Une démocratie dénuée d'intérêt pour son peuple pourrait bien facilement déraper vers une dictature. Chacun de ces petits "moi" pèse dans la balance du "tout" et détermine l'issu de l'ensemble.

Plus encore, ce qui me paraît inquiétant dans la démocratie du XXIe siècle est le manque d'approfondissement dans l'étude de nos chefs et de leurs partis et programmes. La superficialité des réels facteurs d'influence suffisent à remettre en question l'efficacité de la démocratie. En 2011, le Québec a voté pour une gueule sympathique avec qui prendre un verre semble agréable, celle de Jack Layton. Le ROC a voté pour un type qui sait jouer de la guitare et qui chante plutôt bien, et oui, je parle d'Harper. Quand à ce pauvre Ignatieff, il ne sait pas flipper des burgers ni chanter la pomme à sa nation... Mal s'en faut, on évince le vilain intello.

"Le pouvoir au peuple!", c'est bien beau, mais encore faut-il que le peuple détienne un minimum de jugement. J'affirme que ça prend des compétences en matière de gestion pour pouvoir reconnaître un bon gestionnaire.

À quoi assiste-t-on maintenant? Cet ensemble de petits "moi" n'a le temps de se consacrer ni à l'étude de l'histoire, pour éviter les erreurs du passé, ni à celle de l'économie, pour apprendre à gérer ses émotions face à ces sursauts et éviter les paniques, les surspéculations et j'en passe. Le meilleur moyen d'amener un peuple à tourner en rond est de le laisser entièrement s'autogouverner. Plus une foule est nombreuse, moins son quotient est élevé. On parle parfois d'une foule comme d'un enfant de trois. Et bien l'enfant, ça lui prend des parents. Ceux-ci veulent son bien, lui veut n'importe quoi. À qui peut revenir ce rôle d'autorité au sein d'une nation? À son gouvernement, certes. Toutefois, j'estime qu'une bonne nation doit être dirigée par une élite compétente. Et encore là, faut-il être capable de la reconnaître pour arriver à la choisir.

Il est certain qu'une absence de gouvernance ne peut mener qu'à l'anarchie. Cela m'amène à en conclure que s'en remettre à la seule loi des marchés, c'est laisser la foule se gérer. On comprend donc rapidement les limites du libéralisme d'extrême droite qui prohibe toute forme d'interventionnisme de l'État. Sur ce, on peut partir avec l'idée qu'il est dans notre intérêt de se rendre compétent pour choisir une élite qui interviendra sous la forme d'une bonne gouvernance.

En outre, lors que je critique le capitalisme, je ne valorise pas non plus le communisme. Si, sous la promesse d'un salaire égal, tous pouvaient choisir le travail qui le passionne, et bien, on aurait beaucoup de chanteurs et très peu de plombiers. Pas très fonctionnel comme société!

En somme, j'essaie simplement de réhabiliter l'idée qu'une bonne gouvernance peut s'effectuer par une élite compétente choisie par des citoyens qui ont fait leur devoir de s'informer. Là-dessus, peut-être que si les médias nous distrayaient mois avec les 3 S (sexe, sport, sang) et nous digéraient un peu mieux toute cette belle information, on serait meilleur dans nos leçons. Mais là encore, est-ce qu'on donne aux médias la chance de bien effectuer ce travail? La question demeure ouverte.