L'idée de base provient de mon journal intime, octobre 2008.
Je ne me suis jamais sentie très concernée par la politique. Toutefois, la situation a changé au cours des dernières années. Primo, j'ai vieilli. Deuzio, Harper est au pouvoir. :-( Tertio, je vis dans une démocratie et, à mon avis, ce mode d'autogouvernance partielle n'a de sens que si les éléments qui constituent "l'auto" y participent. Une démocratie dénuée d'intérêt pour son peuple pourrait bien facilement déraper vers une dictature. Chacun de ces petits "moi" pèse dans la balance du "tout" et détermine l'issu de l'ensemble.
Plus encore, ce qui me paraît inquiétant dans la démocratie du XXIe siècle est le manque d'approfondissement dans l'étude de nos chefs et de leurs partis et programmes. La superficialité des réels facteurs d'influence suffisent à remettre en question l'efficacité de la démocratie. En 2011, le Québec a voté pour une gueule sympathique avec qui prendre un verre semble agréable, celle de Jack Layton. Le ROC a voté pour un type qui sait jouer de la guitare et qui chante plutôt bien, et oui, je parle d'Harper. Quand à ce pauvre Ignatieff, il ne sait pas flipper des burgers ni chanter la pomme à sa nation... Mal s'en faut, on évince le vilain intello.
"Le pouvoir au peuple!", c'est bien beau, mais encore faut-il que le peuple détienne un minimum de jugement. J'affirme que ça prend des compétences en matière de gestion pour pouvoir reconnaître un bon gestionnaire.
À quoi assiste-t-on maintenant? Cet ensemble de petits "moi" n'a le temps de se consacrer ni à l'étude de l'histoire, pour éviter les erreurs du passé, ni à celle de l'économie, pour apprendre à gérer ses émotions face à ces sursauts et éviter les paniques, les surspéculations et j'en passe. Le meilleur moyen d'amener un peuple à tourner en rond est de le laisser entièrement s'autogouverner. Plus une foule est nombreuse, moins son quotient est élevé. On parle parfois d'une foule comme d'un enfant de trois. Et bien l'enfant, ça lui prend des parents. Ceux-ci veulent son bien, lui veut n'importe quoi. À qui peut revenir ce rôle d'autorité au sein d'une nation? À son gouvernement, certes. Toutefois, j'estime qu'une bonne nation doit être dirigée par une élite compétente. Et encore là, faut-il être capable de la reconnaître pour arriver à la choisir.
Il est certain qu'une absence de gouvernance ne peut mener qu'à l'anarchie. Cela m'amène à en conclure que s'en remettre à la seule loi des marchés, c'est laisser la foule se gérer. On comprend donc rapidement les limites du libéralisme d'extrême droite qui prohibe toute forme d'interventionnisme de l'État. Sur ce, on peut partir avec l'idée qu'il est dans notre intérêt de se rendre compétent pour choisir une élite qui interviendra sous la forme d'une bonne gouvernance.
En outre, lors que je critique le capitalisme, je ne valorise pas non plus le communisme. Si, sous la promesse d'un salaire égal, tous pouvaient choisir le travail qui le passionne, et bien, on aurait beaucoup de chanteurs et très peu de plombiers. Pas très fonctionnel comme société!
En somme, j'essaie simplement de réhabiliter l'idée qu'une bonne gouvernance peut s'effectuer par une élite compétente choisie par des citoyens qui ont fait leur devoir de s'informer. Là-dessus, peut-être que si les médias nous distrayaient mois avec les 3 S (sexe, sport, sang) et nous digéraient un peu mieux toute cette belle information, on serait meilleur dans nos leçons. Mais là encore, est-ce qu'on donne aux médias la chance de bien effectuer ce travail? La question demeure ouverte.
Volcan tranquille
Sunday, February 5, 2012
Tuesday, December 21, 2010
Le vrai besoin auquel répond la consommation
Il est difficile de nos jours de passer une journée sans que l'on n'achète quoi que ce soit, à tout le moins, pour un Québécois de la vie active. La consommation, dans le sens économique du terme, est maintenant bien ancrée dans notre quotidien. Certains ont même inconsciemment développé leur mode de vie autour de cette activité. Personnellement, je ressens un malaise face à la place surévaluée qu'un grand nombre de gens accordent à la consommation dans leur vie de tous les jours au sein des pays industrialisés (dont je fais partie). Cet inconfort s'articule autour de trois thèmes : la consommation vue comme la solution aux moindres problèmes, le consommation perçue comme un gage de réussite et la consommation comme passe-temps.
(Aucune méthodologie particulière n'a été utilisée pour ce texte. Ce dernier a été produit dans le cadre d'un examen demandant de partager ses impressions et connaissances sur certains sujets.)
Aujourd'hui, les talents manuels ne sont plus valorisés. Il semble que l'on ait accolé une image de désuétude face au développement de talents qui n'entretiennent pas la roue de la consommation, notamment la couture, le tricot, "l'arrangeage de proies" (je connais peu de gens sachant faire de beaux filets des poissons qu'ils ont pêchés), la menuiserie, etc. C'est à croire que ces activités ont été reléguées à quelques boomers retraités n'ayant que très peu de relève. Pourquoi en est-ce ainsi? Il semblerait que les gens ne se "salissent" plus les mains. Du moins, s'ils le font, c'est parce qu'ils ont payé cher pour l'apprécier.
Il est facile de remarquer que la consommation représente une solution pour bon nombre de gens. On a faim : on va au supermarché ou au resto, si ce n'est chez Costco pour être certain de ne JAMAIS subir un quelconque sentiment de manque face à quelque produit que ce soit. On préfère "faire des réserves" de barres tendres, de toast Melba ou de papier de toilette plutôt que de penser qu'on puisse en manquer et devoir aller en racheter au petit commerce du coin. Ainsi, les gens vont sortir 300 $ supplémentaire de leur budget de la semaine pour des produits qui auraient été inclus dans une épicerie de 100 $.
Les gens veulent maigrir : que font-ils? Ils consomment! Ils se procurent un livre prescriptif de recettes adaptées et d'activités physiques, un abonnement inabordable au gym, un vélo tout neuf à 1000 $... Ainsi, ils ont fourni un gros effort perçu en ayant déboursé. Ils se paient une bonne conscience. Ils se sont psychologiquement engagés sur la voie de la "guérison", bien qu'ils n'aient pas encore sué une goutte.
Si le bouton d'une chemise tombe, peu de personne ont le réflexe de le recoudre. La chemise choiera sur la commode, jusqu'à ce que son propriétaire (moi la première), se lasse de la voir et la jette ou la donne. Il s'agit d'un comportement tellement conditionné par les stratèges du marketing qu'il en est parfois devenu inné. On ne répare plus rien, on cultive peu et on prend sa voiture pour aller au gym. Les arts-savoirs ne sont plus transmis entre les générations puisque les aînés ne sentent pas le désir de leurs descendants de les apprendre. Ils ne savent toutefois pas à quoi ça servirait, tellement le progrès a progressé.
On ne salit pas les main, car on est précieux en termes de valeur perçue sur l'échelle sociale. S'il est question d'une tâche ingrate, on paiera quelqu'un pour la faire à sa place. Les gens ne "s'abaissent" plus à tenter d'entreprendre quelque chose, ils achètent un service. Le sentiment d'être le client offre une relation asymétrique entre l'acheteur le vendeur de services, depuis l'avènement des courants consuméristes du XXe siècle. En étant son client, on devient l'objet de ses soins, car il doit s'assurer de notre satisfaction pour que l'on achète et rachète son service. Je deviens important pour toi, le vendeur, et tu es sensible à ma critique. Ainsi, le vendeur cherchera à épargner la susceptibilité de ses clients et adoptera des slogans absurdes tels que "le client a toujours raison". Cette position avantageuse pour le détenteur du pouvoir d'achat est enivrante, voire grisante. Qui n'aime pas se sentir important? Ainsi, on ne développe plus ses talents, à part celui de faire de l'argent, afin de se retrouver le plus souvent possible dans les souliers du client dont les désirs sont à satisfaire.
Comme on n'a plus de talents, il faut trouver un moyen de passer son temps. Quoi de mieux alors que d'investir les moindres secondes de son temps libre à planifier la logistique du ménage? Le foyer doit être beau, à l'image de sa santé intérieure, de sa personne physique et de son rang social. Ainsi, on essaie les produits annoncés qui peuvent accélérer et faciliter les tâches ménagères, faire briller ses meubles payés trop chers et ses électroménagers autonettoyants énergivores.
Une nouvelle culture s'installe depuis quelques années quant aux plaisirs gastronomiques. Il s'agit d'une course à l'exotisme des mets et au raffinement que l'on veut tenter d'exprimer à son entourage immédiat. Ses manifestions sont présentes partout : même V s'est dotée d'une émission de cuisine avec un chef aux manières de bûcheron pour s'adresser à son auditoire friand des 3 S (sexe, sport, sang). Plus nos mets viennent de loin et portent des noms difficiles à prononcer (donc à l'apparence inaccessible et dispendieuse), plus l'effet sera réussi. Le snobisme a fait son entrée dans la cuisine de monsieur-madame-tout-le-monde!
En ce moment, chacun pourrait bénéficier d'une véritable cure en se déconnectant de son téléviseur (le pronominal est volontaire) et en fuyant les centres d'achat juste pour une semaine. On se retrouve ainsi avec du temps libre et des mains à occuper, mais aussi avec un esprit qu'on peut remplir d'autre chose que des images débilitantes que nous offrent souvent nos médias. On pourrait alors découvrir qu'on est capable de réparer des objets lorsqu'on veut bien prendre la peine d'essayer. On s'apercevrait qu'il fait toujours assez beau dehors pour pratiquer un sport ou un loisir actif. En investissant du temps sur soi et non dans le matériel qui nous entoure, on peut ainsi gagner de la valeur à ses propres yeux en se développant et couper court à sa dépendance face à la position "valorisante" du client pour se sentir respecté.
(Aucune méthodologie particulière n'a été utilisée pour ce texte. Ce dernier a été produit dans le cadre d'un examen demandant de partager ses impressions et connaissances sur certains sujets.)
Aujourd'hui, les talents manuels ne sont plus valorisés. Il semble que l'on ait accolé une image de désuétude face au développement de talents qui n'entretiennent pas la roue de la consommation, notamment la couture, le tricot, "l'arrangeage de proies" (je connais peu de gens sachant faire de beaux filets des poissons qu'ils ont pêchés), la menuiserie, etc. C'est à croire que ces activités ont été reléguées à quelques boomers retraités n'ayant que très peu de relève. Pourquoi en est-ce ainsi? Il semblerait que les gens ne se "salissent" plus les mains. Du moins, s'ils le font, c'est parce qu'ils ont payé cher pour l'apprécier.
Il est facile de remarquer que la consommation représente une solution pour bon nombre de gens. On a faim : on va au supermarché ou au resto, si ce n'est chez Costco pour être certain de ne JAMAIS subir un quelconque sentiment de manque face à quelque produit que ce soit. On préfère "faire des réserves" de barres tendres, de toast Melba ou de papier de toilette plutôt que de penser qu'on puisse en manquer et devoir aller en racheter au petit commerce du coin. Ainsi, les gens vont sortir 300 $ supplémentaire de leur budget de la semaine pour des produits qui auraient été inclus dans une épicerie de 100 $.
Les gens veulent maigrir : que font-ils? Ils consomment! Ils se procurent un livre prescriptif de recettes adaptées et d'activités physiques, un abonnement inabordable au gym, un vélo tout neuf à 1000 $... Ainsi, ils ont fourni un gros effort perçu en ayant déboursé. Ils se paient une bonne conscience. Ils se sont psychologiquement engagés sur la voie de la "guérison", bien qu'ils n'aient pas encore sué une goutte.
Si le bouton d'une chemise tombe, peu de personne ont le réflexe de le recoudre. La chemise choiera sur la commode, jusqu'à ce que son propriétaire (moi la première), se lasse de la voir et la jette ou la donne. Il s'agit d'un comportement tellement conditionné par les stratèges du marketing qu'il en est parfois devenu inné. On ne répare plus rien, on cultive peu et on prend sa voiture pour aller au gym. Les arts-savoirs ne sont plus transmis entre les générations puisque les aînés ne sentent pas le désir de leurs descendants de les apprendre. Ils ne savent toutefois pas à quoi ça servirait, tellement le progrès a progressé.
On ne salit pas les main, car on est précieux en termes de valeur perçue sur l'échelle sociale. S'il est question d'une tâche ingrate, on paiera quelqu'un pour la faire à sa place. Les gens ne "s'abaissent" plus à tenter d'entreprendre quelque chose, ils achètent un service. Le sentiment d'être le client offre une relation asymétrique entre l'acheteur le vendeur de services, depuis l'avènement des courants consuméristes du XXe siècle. En étant son client, on devient l'objet de ses soins, car il doit s'assurer de notre satisfaction pour que l'on achète et rachète son service. Je deviens important pour toi, le vendeur, et tu es sensible à ma critique. Ainsi, le vendeur cherchera à épargner la susceptibilité de ses clients et adoptera des slogans absurdes tels que "le client a toujours raison". Cette position avantageuse pour le détenteur du pouvoir d'achat est enivrante, voire grisante. Qui n'aime pas se sentir important? Ainsi, on ne développe plus ses talents, à part celui de faire de l'argent, afin de se retrouver le plus souvent possible dans les souliers du client dont les désirs sont à satisfaire.
Comme on n'a plus de talents, il faut trouver un moyen de passer son temps. Quoi de mieux alors que d'investir les moindres secondes de son temps libre à planifier la logistique du ménage? Le foyer doit être beau, à l'image de sa santé intérieure, de sa personne physique et de son rang social. Ainsi, on essaie les produits annoncés qui peuvent accélérer et faciliter les tâches ménagères, faire briller ses meubles payés trop chers et ses électroménagers autonettoyants énergivores.
Une nouvelle culture s'installe depuis quelques années quant aux plaisirs gastronomiques. Il s'agit d'une course à l'exotisme des mets et au raffinement que l'on veut tenter d'exprimer à son entourage immédiat. Ses manifestions sont présentes partout : même V s'est dotée d'une émission de cuisine avec un chef aux manières de bûcheron pour s'adresser à son auditoire friand des 3 S (sexe, sport, sang). Plus nos mets viennent de loin et portent des noms difficiles à prononcer (donc à l'apparence inaccessible et dispendieuse), plus l'effet sera réussi. Le snobisme a fait son entrée dans la cuisine de monsieur-madame-tout-le-monde!
En ce moment, chacun pourrait bénéficier d'une véritable cure en se déconnectant de son téléviseur (le pronominal est volontaire) et en fuyant les centres d'achat juste pour une semaine. On se retrouve ainsi avec du temps libre et des mains à occuper, mais aussi avec un esprit qu'on peut remplir d'autre chose que des images débilitantes que nous offrent souvent nos médias. On pourrait alors découvrir qu'on est capable de réparer des objets lorsqu'on veut bien prendre la peine d'essayer. On s'apercevrait qu'il fait toujours assez beau dehors pour pratiquer un sport ou un loisir actif. En investissant du temps sur soi et non dans le matériel qui nous entoure, on peut ainsi gagner de la valeur à ses propres yeux en se développant et couper court à sa dépendance face à la position "valorisante" du client pour se sentir respecté.
Saturday, December 19, 2009
Moi et l'autre
Initialement écrit le 2 octobre 2009
Comme c'est par l'interaction avec autrui que je progresse, ou même, que je prends simplement conscience de moi-même, je ressens tout au long de ma vie la nécessité de me voir dans l'image que me renvoie l'autre. Axel Kahn appelle ça le miroir déformant.
La pire chose que je puisse faire à un être humain est de l'ignorer, car je le prive de cette image et je lui refuse le droit d'exister dans ma construction mentale. Je l'empêche de se voir à travers moi, je le prive du dialogue édifiant qu'on trouve dans l'altérité et je le confine à être seul dans son enceinte mentale.
Le mendiant a besoin de savoir qu j'ai reconnu son existence. Il retrouvera sa dignité par le sentiment d'impuissance ou d'exaspération qu'il lira dans mon regard. Même les insultes sont mieux venues pour lui que mon indifférence car, ainsi, je le reconnais comme autre et comme semblable à la fois. L'ignorer, c'est lui démontrer que je lui refuse la reconnaissance de son existence pour ne pas troubler la mienne, car je ne souhaite pas m'enrichir de son dialogue. Il m'apparaît vil, indésirable et, par ce message non-verbal que je lui renvoie, je lui retire sa dignité.
Ignorer quelqu'un en revient à produire une violente agression psychologique. Des gens vont se mettre à tuer pour qu'enfin, on les voit et on leur confirme leur existence. Faire un pas vers l'autre permet de l'humaniser. C'est dur d'y arriver dans les grandes villes parce qu'il y en a trop. Je suis partie de Montréal, entre autres choses, parce que le fait de croiser un trop grand nombre de mendiants et de miséreux à chaque jour constituait un irritant majeur de mon quotidien. Ma propre impuissance me faisait mal.
D'un autre côté, la société est à la base humanisante et acculturante. Quelqu'un qui se récluse et s'éloigne de cette dernière refuse l'humanité qu'elle lui offre. Cette pensée me déresponsabilise donc du sort de mon prochain. Est-ce uniquement à cause de la dissonance cognitive face à ma non-intervention que je me dis ça? Ça serait donc pour mieux dormir le soir. Du moins, au Saguenay, on ne voit pas les miséreux. Ils sont donc soustraits de mon regard, et je peux m'occuper d'être attentive aux gens de mon quotidien. C'est déjà ça de fait. On ne peut pas non plus avoir le sort du monde sur ses épaules!
Comme c'est par l'interaction avec autrui que je progresse, ou même, que je prends simplement conscience de moi-même, je ressens tout au long de ma vie la nécessité de me voir dans l'image que me renvoie l'autre. Axel Kahn appelle ça le miroir déformant.
La pire chose que je puisse faire à un être humain est de l'ignorer, car je le prive de cette image et je lui refuse le droit d'exister dans ma construction mentale. Je l'empêche de se voir à travers moi, je le prive du dialogue édifiant qu'on trouve dans l'altérité et je le confine à être seul dans son enceinte mentale.
Le mendiant a besoin de savoir qu j'ai reconnu son existence. Il retrouvera sa dignité par le sentiment d'impuissance ou d'exaspération qu'il lira dans mon regard. Même les insultes sont mieux venues pour lui que mon indifférence car, ainsi, je le reconnais comme autre et comme semblable à la fois. L'ignorer, c'est lui démontrer que je lui refuse la reconnaissance de son existence pour ne pas troubler la mienne, car je ne souhaite pas m'enrichir de son dialogue. Il m'apparaît vil, indésirable et, par ce message non-verbal que je lui renvoie, je lui retire sa dignité.
Ignorer quelqu'un en revient à produire une violente agression psychologique. Des gens vont se mettre à tuer pour qu'enfin, on les voit et on leur confirme leur existence. Faire un pas vers l'autre permet de l'humaniser. C'est dur d'y arriver dans les grandes villes parce qu'il y en a trop. Je suis partie de Montréal, entre autres choses, parce que le fait de croiser un trop grand nombre de mendiants et de miséreux à chaque jour constituait un irritant majeur de mon quotidien. Ma propre impuissance me faisait mal.
D'un autre côté, la société est à la base humanisante et acculturante. Quelqu'un qui se récluse et s'éloigne de cette dernière refuse l'humanité qu'elle lui offre. Cette pensée me déresponsabilise donc du sort de mon prochain. Est-ce uniquement à cause de la dissonance cognitive face à ma non-intervention que je me dis ça? Ça serait donc pour mieux dormir le soir. Du moins, au Saguenay, on ne voit pas les miséreux. Ils sont donc soustraits de mon regard, et je peux m'occuper d'être attentive aux gens de mon quotidien. C'est déjà ça de fait. On ne peut pas non plus avoir le sort du monde sur ses épaules!
Thursday, October 29, 2009
Variation du Pari de Pascal
Tous se rappellent le Pari de Pascal, enseigné dans les cours de sciences religieuses. J'en fais un bref rappel pour qui ce ne serait pas le cas.
Blaise Pascal, philosophe et mathématicien, a tenté de démontré par la Loi des jeux, le gain qu'on puisse faire en croyant en Dieu, ou en une vie après la mort vs croire au néant. Il disait : je fais le pari de croire, puisque, si je gagne mon pari, j'en aurai conscience et en serai satisfait. Si je le perd, et bien, je n'en aurai pas conscience et n'en serai pas affecté. À l'inverse, si je parie sur le néant après la mort et que je perds mon pari, j'aurai conscience d'avoir perdu et en serai affecté. Tandis que si je le gagne, et bien je n'en aurai pas conscience, donc n'aurai rien gagné.
De mon côté, ce pari se pose sur l'intelligence de tout interlocuteur. Voici comment je gère toute nouvelle rencontre.
Je fais toujours le pari de croire, a priori, que la personne à qui je m'adresse est intelligente. Si je perds mon pari, je m'en rendrai compte bien assez vite au cours de la conversation et pourrai m'adapter. Je n'aurai rien perdu. À l'inverse, si je gagne mon pari, la personne devant moi s'en rendra compte bien assez tôt et me portera autant d'égard que ce que je lui ai offert. J'aurai gagné son respect. À l'opposé, si je fais le pari de croire que mon interlocuteur est un imbécile et que je gagne mon pari, il ne s'en sera pas rendu compte et je n'aurai rien gagné. À l'inverse, si je perds mon pari, il s'en rendra compte assez vite et me prendra pour une imbécile, incapable de reconnaître qu'elle se trouve devant quelqu'un d'intelligent.
Comme on dit : It takes one to know one. Ça en prend un pour en reconnaître un autre. Les intelligents sont généralement capables de se reconnaître entre eux. Un imbécile ne verra que des imbéciles partout, puisqu'il n'a pas la capacité d'attribuer à autrui l'intelligence dont il fait preuve.
Malheureusement, trop de gens se laissent berner par le miroir déformant des apparences et la forte assurance de leur propre supériorité. J'ai souvent eu affaires à des gens, des hommes surtout, qui ont perdu le pari en ce qui me concerne. Ils n'ont pas parié sur l'intelligence et ceci me confirme que j'ai parfois eu à transiger avec des imbéciles. C'est déplorable, qu'arrivés au paroxysme de leur carrière, ces beaux gens accomplis s'imaginent détenir le monopole du talent, du savoir ou de la vertu. Comment peut-on être aussi naïf, à ce point bandé sur soi-même, à en oublier de considérer la personne devant nous?
On ne sait jamais vraiment à qui l'on a affaire. Ce n'est pas parce que la personne avec qui on discute ne s'est pas encore accomplie, qu'elle n'en fera pas moins de grandes choses ! On ne peut pas dire de la maison dont le revêtement extérieur n'est pas encore posé qu'elle est laide. On peut reconnaître son potentiel de beauté, ou bien se buter stupidement au manque d'élégance de son état inachevé. À vous de choisir.
Blaise Pascal, philosophe et mathématicien, a tenté de démontré par la Loi des jeux, le gain qu'on puisse faire en croyant en Dieu, ou en une vie après la mort vs croire au néant. Il disait : je fais le pari de croire, puisque, si je gagne mon pari, j'en aurai conscience et en serai satisfait. Si je le perd, et bien, je n'en aurai pas conscience et n'en serai pas affecté. À l'inverse, si je parie sur le néant après la mort et que je perds mon pari, j'aurai conscience d'avoir perdu et en serai affecté. Tandis que si je le gagne, et bien je n'en aurai pas conscience, donc n'aurai rien gagné.
De mon côté, ce pari se pose sur l'intelligence de tout interlocuteur. Voici comment je gère toute nouvelle rencontre.
Je fais toujours le pari de croire, a priori, que la personne à qui je m'adresse est intelligente. Si je perds mon pari, je m'en rendrai compte bien assez vite au cours de la conversation et pourrai m'adapter. Je n'aurai rien perdu. À l'inverse, si je gagne mon pari, la personne devant moi s'en rendra compte bien assez tôt et me portera autant d'égard que ce que je lui ai offert. J'aurai gagné son respect. À l'opposé, si je fais le pari de croire que mon interlocuteur est un imbécile et que je gagne mon pari, il ne s'en sera pas rendu compte et je n'aurai rien gagné. À l'inverse, si je perds mon pari, il s'en rendra compte assez vite et me prendra pour une imbécile, incapable de reconnaître qu'elle se trouve devant quelqu'un d'intelligent.
Comme on dit : It takes one to know one. Ça en prend un pour en reconnaître un autre. Les intelligents sont généralement capables de se reconnaître entre eux. Un imbécile ne verra que des imbéciles partout, puisqu'il n'a pas la capacité d'attribuer à autrui l'intelligence dont il fait preuve.
Malheureusement, trop de gens se laissent berner par le miroir déformant des apparences et la forte assurance de leur propre supériorité. J'ai souvent eu affaires à des gens, des hommes surtout, qui ont perdu le pari en ce qui me concerne. Ils n'ont pas parié sur l'intelligence et ceci me confirme que j'ai parfois eu à transiger avec des imbéciles. C'est déplorable, qu'arrivés au paroxysme de leur carrière, ces beaux gens accomplis s'imaginent détenir le monopole du talent, du savoir ou de la vertu. Comment peut-on être aussi naïf, à ce point bandé sur soi-même, à en oublier de considérer la personne devant nous?
On ne sait jamais vraiment à qui l'on a affaire. Ce n'est pas parce que la personne avec qui on discute ne s'est pas encore accomplie, qu'elle n'en fera pas moins de grandes choses ! On ne peut pas dire de la maison dont le revêtement extérieur n'est pas encore posé qu'elle est laide. On peut reconnaître son potentiel de beauté, ou bien se buter stupidement au manque d'élégance de son état inachevé. À vous de choisir.
Wednesday, October 14, 2009
N'ose le son (poésie I)
Tiré de mon journal, mars 2004 (j'avais 19 ans).
Celui qui se ressource
À l'essence du son,
Trouve dans sa course,
Son mode d'expression.
Vivra sans le sou,
Sans dessus dessous.
De sa ténacité non vaine,
Et du sang courant dans ses veines,
Échoira sa subsistance,
Dès lors que la culture l'encense.
Sa stimulation qui s'avère l'essence
De sa création, poussée à outrance,
Rencontre sa fin en un delirium tremens.
Celui qui se ressource
À l'essence du son,
Trouve dans sa course,
Son mode d'expression.
Vivra sans le sou,
Sans dessus dessous.
De sa ténacité non vaine,
Et du sang courant dans ses veines,
Échoira sa subsistance,
Dès lors que la culture l'encense.
Sa stimulation qui s'avère l'essence
De sa création, poussée à outrance,
Rencontre sa fin en un delirium tremens.
Tuesday, October 6, 2009
Appelez-moi Ève
Je m'étonne constamment de constater à quel point les hommes sont faillibles. Le risque de cocufier autrui s'est beaucoup trop présenté à mon goût, bien qu'évité. Je charme, d'accord ? C'est dans ma nature. Je m'intéresse aux gens naturellement et de façon désintéressée, mais étant célibataire, c'est exacerbé. D'ailleurs, mes gentils amis ont parfois tendance à trop prendre personnel l'intérêt que je manifeste. Toutefois, j'avoue être sur le radar ces temps-ci.
Et bien, je m'attends à ce qu'on ne m'encourage pas ou, du moins, à ce qu'on ne réponde pas positivement à mon non-verbal inquisiteur si le sujet visé n'est pas disponible. C'est ce qu'on appelle gérer les attentes, une règle de base en affaires et dans les relations interpersonnelles. Je ne me fais pas d'attentes si l'on ne m'invite pas à m'en faire. Et bien voilà que ces chers messieurs ont envie que je m'en fasse. Ils s'engagent dans un flirt, sans franchir certaines limites, dont la seule fin est de flatter leur ego au maximum en se prouvant qu'ils sont toujours capable de séduire. Cela perdurera tant qu'il y aura place à l'ambiguïté et qu'ils n'auront pas à éconduire la tentatrice-tentée, c'est-à-dire, moi ! Je me retrouve parfois avec des embryons d'attentes frustrées. J'ai quand même le réflexe d'aller vérifier assez tôt la disponibilité dudit sujet lorsqu'une étincelle semble vouloir jaillir.
Ça fait suffisamment de fois que ça arrive pour que je me permette de dire que je déplore ce manque de transparence. Ça frôle la lâcheté. Ils se méprennent à ce jeu, qu'ils jugent a priori inoffensif puisque, de l'extérieur, je leur paraît naïve. L'enjeu sera de voir jusqu'où et combien de temps ils pourront pousser l'ambiguïté avant de devoir clarifier les choses. Heureusement pour tout le monde, je ne me laisse pas berner. Je cherche à vivre du concret. Me faire miroiter un sensuel possible ne me satisfait pas bien longtemps. Je parle le langage des sens qui n'ont que faire des mirages. Parfois, j'ai l'impression que la vraie illusion dans l'histoire, c'est d'être heureux à deux. Je laisserai la vie me prouver que j'ai tort.
Et bien, je m'attends à ce qu'on ne m'encourage pas ou, du moins, à ce qu'on ne réponde pas positivement à mon non-verbal inquisiteur si le sujet visé n'est pas disponible. C'est ce qu'on appelle gérer les attentes, une règle de base en affaires et dans les relations interpersonnelles. Je ne me fais pas d'attentes si l'on ne m'invite pas à m'en faire. Et bien voilà que ces chers messieurs ont envie que je m'en fasse. Ils s'engagent dans un flirt, sans franchir certaines limites, dont la seule fin est de flatter leur ego au maximum en se prouvant qu'ils sont toujours capable de séduire. Cela perdurera tant qu'il y aura place à l'ambiguïté et qu'ils n'auront pas à éconduire la tentatrice-tentée, c'est-à-dire, moi ! Je me retrouve parfois avec des embryons d'attentes frustrées. J'ai quand même le réflexe d'aller vérifier assez tôt la disponibilité dudit sujet lorsqu'une étincelle semble vouloir jaillir.
Ça fait suffisamment de fois que ça arrive pour que je me permette de dire que je déplore ce manque de transparence. Ça frôle la lâcheté. Ils se méprennent à ce jeu, qu'ils jugent a priori inoffensif puisque, de l'extérieur, je leur paraît naïve. L'enjeu sera de voir jusqu'où et combien de temps ils pourront pousser l'ambiguïté avant de devoir clarifier les choses. Heureusement pour tout le monde, je ne me laisse pas berner. Je cherche à vivre du concret. Me faire miroiter un sensuel possible ne me satisfait pas bien longtemps. Je parle le langage des sens qui n'ont que faire des mirages. Parfois, j'ai l'impression que la vraie illusion dans l'histoire, c'est d'être heureux à deux. Je laisserai la vie me prouver que j'ai tort.
Friday, September 11, 2009
Interdépendance
Initialement écrit le 7 mai 2009, dans mon journal intime
Le dalaï-lama dit que le monde fait partie de nous autant que nous faisons partie de lui. Plus j'avance dans la lecture de sa biographie, plus je remarque qu'il pense comme moi. C'est drôlement dit, j'en conviens, mais on se comprend. Notre dépendance est absolue envers nos ressources. Les besoins n'épargnent personne, ni aucun être vivant. Ils sont souverains et doivent être comblés, dans une mesure modérée, sans non plus les mettre en absolu.
Ce qui fait partie de moi, a déjà fait partie d'autre chose. Nous sommes tous frères et soeurs à ce niveau. L'eau, que j'ingère pour vivre, qui pénètre en moi et me constitue, a déjà été ingérée et évacuée par un autre organisme avant moi. L'eau ne fait aucune sélection, ne donne aucun privilège. On ignore absolument si les molécules d'H2O que l'on boit n'ont pas déjà été pissée par un dinosaure ou simplement transpirée par une feuille. L'eau se fout de notre pérennité, elle continuera son chemin sous une forme ou une autre. Bref, ne pas y faire attention signifie pour moi ne pas porter attention à soi-même.
Le dalaï-lama dit que le monde fait partie de nous autant que nous faisons partie de lui. Plus j'avance dans la lecture de sa biographie, plus je remarque qu'il pense comme moi. C'est drôlement dit, j'en conviens, mais on se comprend. Notre dépendance est absolue envers nos ressources. Les besoins n'épargnent personne, ni aucun être vivant. Ils sont souverains et doivent être comblés, dans une mesure modérée, sans non plus les mettre en absolu.
Ce qui fait partie de moi, a déjà fait partie d'autre chose. Nous sommes tous frères et soeurs à ce niveau. L'eau, que j'ingère pour vivre, qui pénètre en moi et me constitue, a déjà été ingérée et évacuée par un autre organisme avant moi. L'eau ne fait aucune sélection, ne donne aucun privilège. On ignore absolument si les molécules d'H2O que l'on boit n'ont pas déjà été pissée par un dinosaure ou simplement transpirée par une feuille. L'eau se fout de notre pérennité, elle continuera son chemin sous une forme ou une autre. Bref, ne pas y faire attention signifie pour moi ne pas porter attention à soi-même.
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